J-100 Coupe du monde – réapprendre mon corps

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🏔️ Retour sur la glace, cinq mois après la maternité

je reprends aujourd’hui pleinement l’entraînement après une phase de réathlétisation terminée. Ce retour m’a confrontée à une réalité nouvelle : devoir réapprendre certains mouvements que je n’avais jamais eu à travailler auparavant dans ma discipline.

La progression a été constante, mais elle m’a demandé une approche différente. J’ai dû mobiliser beaucoup plus d’analyse et d’écoute de mon corps que lors des saisons précédentes. Car si les commandes motrices semblaient intactes, les muscles, tendons et articulations, eux, n’étaient pas encore prêts à encaisser les contraintes. J’avais souvent la sensation de pouvoir faire certains gestes, mais je savais qu’il ne fallait pas les forcer, au risque de me blesser.

J’ai toujours aimé douter, parce que ça fait progresser. Je vais apprendre encore. Parfois, je me sens hors de mon corps, comme si je me regardais grimper avec un drone. J’analyse chaque mouvement. Le flow, celui où on grimpe à l’intuition, me paraît loin. Mais je sais qu’il reviendra. Quand ? Probablement au bon moment.

En attendant, je continue. Je m’accroche. À bientôt.

« Ces derniers temps, j’étais dans l’action. Tout devait rentrer dans 24 heures le retour au travail, les stages avec l’équipe de France, la découverte de la crèche, et ce quotidien d’athlète avec ses soins médicaux. Une vie qui ressemble finalement à celle de beaucoup de jeunes parents. Je ne me suis pas laissé le choix : tous les jeunes parents font ça, alors j’ai pris chaque action, une après l’autre, et j’ai rempli les journées ainsi.

L’émotionnel, peu à peu, n’avait plus sa place. Je me sentais forte parce que j’avançais, parce que j’agissais. La fatigue ? Elle est là, omniprésente. Mais c’est le défi du post-natal : on apprend à vivre avec. Pas de pause possible, lui, notre petit bout, a besoin de moi et grandit chaque jour… alors j’ai suivi son rythme.

Le problème, c’est qu’en mettant de côté l’émotionnel, j’ai perdu le goût. Les gestes sont devenus mécaniques, sans plaisir. Jusqu’à ne plus savoir pourquoi je faisais tout ça. Alors aujourd’hui, je prends le temps. Le temps qu’il faudra pour me recentrer, pour retrouver mes priorités : remonter mon énergie, apaiser mon mental.

J’ai respecté avec rigueur la progressivité du retour post-natal, et je crois au chemin. Je vais remettre l’ego au service du cœur. »

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